Episode 2 "la suite"
Je reviens après une courte pause, il me faut bien ça!!
Je suis donc, en soins intensifs, le matin j'ai pas mal de soins, le kiné vient 2 fois par jour et j'ai plein de tuyaux, je ne peux plus marcher car j'ai perdu beaucoup de sensibilité profonde dans la hanche et la jambe gauche. Je n'ai pas d'autres choix que d'avoir un fauteuil pour pouvoir aller dans le couloir. Je déteste le fauteuil, je dois remarcher comme avant!! ce qui m'a choqué le plus, c'est quand je me suis regardé dans la glace, livide, cernée, joues complètement creusé, bref une morte vivante!!!
Chaque jour qui passe, je reprends des forces, pas question de rester assise dans ce truc que je combats depuis tant de temps!! Le kiné n'en revient pas de la rage que j'ai en moi, il me confie que depuis qu'il exerce il n'a jamais vu une battante comme moi. Il me rappelle que j'ai eu un truc grave et qu'il faut que je fasse attention, ne pas trop tirer sur la corde. Je lui rétorque que je veux remarcher avant de sortir, pas question que je rentre chez moi dans cet état, et que mes enfants ne doivent pas vivre ça... Il sourit et me dit, bon je veux bien vous donner quelques conseils, à condition que vous preniez soins de vous, je lui souris à mon tour.
Mon mari me téléphone plusieurs fois par jour, nous sommes loin l'un de l'autre, il ne peux plus venir tout les jours, car il doit s'occuper de nos enfants et puis je vais mieux, ils me manquent tous beaucoup mais il viendra me voir le weekend avec les enfants et un couple d'amis.
Pendant la semaine là, je me réveille tous les matins à 4h00 et je pleure, je ne peux empêcher cela. Je cache mon état psychologique aux infirmières et aux médecins, j'ai peur qu'ils ne veuillent pas que je rentre chez moi...
Chaque appel téléphonique, surtout le matin c'est les sanglots et les grosses larmes qui coulent sur mon visage, mon amie ne sais plus quoi faire, ma mère non plus, je ne parviens même pas à aligner des phrases, c'est l'horreur!!!
Je suis bien entourée c'est certain et je sais la chance que j'ai de les avoir !!!!
Pourtant ce n'est pas faute d'essayer mais cela ne marche pas. Mon époux est malheureux de me savoir dans cet état. Ma cousine que j'adore me téléphone aussi tout les jours, elle me manque, elle habite très loin, je lui parle beaucoup, elle connaît presque tout mes secrets, on a plein de choses en commun toutes les deux, j'aurais aimé l'avoir comme sœur. Nous ne sommes pas sœur de sang mais sœur de cœur, c'est beau !!
Ça yé le dimanche arrive, je les attends avec impatience et en même temps, j'ai la trouille, comment ont ils vécu cela? Comment les rassurer, je ne sais pas trop! En plus je suis toujours en fauteuil et ils savent que je me bats contre ça. Enfin, l'heure approche, mon mari rentre dans la chambre, il m'explique que les enfants m'attendent en bas et qu'il y a nos amis, il a obtenue l'autorisation de m'emmener dehors. Il me porte pour m'installer dans ce fichu truc et nous prenons l'ascenseur.
Nous arrivons en bas, je vois mon fils en premier, je le lis sur son visage, il est inquiet et abattu, il me prend dans ses bras et me serre très fort, je ne peux pas m'empêcher de pleurer. Je le rassure, je lui dis, que je suis là et que je n'ai pas l'intention de partir. Ma fille se tiens à coté et me regarde, elle ne dit rien, mais je sais aussi qu'elle souffre. Je leur dit à tout les deux, que je ne garderais pas le fauteuil longtemps. Ma voie tremble, j'ai un peu de mal à m'exprimer. Mes amis ne sont pas très loin, ils m'ont laissé un peu de temps avec mes enfants. Je vais à leur rencontre, le mari de mon amie B se penche pour me faire la bise, je le prends dans mes bras, je suis en larmes, j'ai tellement eu peur de ne plus revoir mes proches, cette idée est insoutenable !! Mon amie vient à son tour, elle me dit d'arrêter de pleuré, sinon elle pleure aussi !! Elle m'a apporté un nounours, des bonbons et une jolie carte écrite de ses filles et d'elle-même, sur le ton de l'humour, cela me touche, et enfin je ris, sa fais tellement longtemps que je n'ai pas rigolé, ça fais du bien. .. L'après midi c'est bien passée, mais a été trop courte. Ils partent et je me remets à sangloter.
Le lendemain, on me transfert dans le service de ma neurochir , le kiné vient toujours et je décide de ne plus avoir le fauteuil, il me donne alors le déambulateur, je fais des aller et retour dans le couloir. Pour atteindre environ 50 mètres je mets plus de 45 minutes. Je calcule tout les jours mes progrès avec des petites choses inscrites sur les murs, je prends en fait, des mesures. Je dois aller tout au bout avant de partir chez moi, c'est mon but !!!
Je ne veux plus aller au centre de rééducation, mes enfants me manquent et je veux rentrer coute que coute. Marre des blouses blanches !! Piqures etc.…
Et puis, je n'ai pas vu mon amie qui me téléphone tous les jours, ils me manquent tous. Ma neuro me donne enfin l'autorisation pour partir, ouf. Je suis restée presque 3 semaines.
Arrivée dans ma maison, je touche les murs, je regarde toutes les pièces, c'est mon mari qui l'a construite, elle est magnifique. On dirait que je suis partie une éternité !! Mon amie I vient me rendre une petite visite avec son mari, et dès qu'ils ont franchi le portail, je fonds en larmes dans leurs bras, je suis chargée à blocs, questions émotions !!… j'ai eu tellement peur de ne plus les revoir, mon amie de toujours, elle est là dans les moindres soucis et en quelque sortes, combat avec moi, nous sommes très intime et il n'y a pas de sujet tabous entre nous. On est sincère l'une envers l'autre. Elle habite à 3 km de chez moi et nous nous voyons presque chaque jour.
Les 2 mois qui ont suivis ont étés difficile à gérer, j'entendais trop, à m'en boucher les oreilles, quelle galère !!!
Mon kiné vient 3 fois par semaine et je bosse dur pour ne plus avoir les cannes. Je me lance le défit de les mettre au pied du sapin de noël, je ne veux plus de cannes d'ici la fin de l'année 2007.
Fin décembre, je range mes béquilles, j'ai réussi mon challenge et je n'irais pas en rééducation !!!
Aujourd'hui, je bosse un peu moins souvent avec mon kiné, ma marche est presque normal, je boite, mais rien de comparable avec « avant »
Mon souci majeur, est que je ne parviens pas à dormir le soir, car j'ai la peur de ne pas me réveiller, mais après une épreuve pareille, je pense qu'il me faut encore du temps.
Certaines choses n'ont pas changé, mes douleurs neuropathiques sont restées les mêmes.
Je vous remercie d'avoir lu ces épisodes.
Certes dramatiques, mais qui permettent de mettre la vie du bon côté,
Que chaque chose compte,
Que la vie il faut la croquer à pleines dents
Ne pas se prendre la tête pour des broutilles
Et profiter de l'instant présent, aujourd'hui on est ici, demain on ne sait pas…
Article ajouté le 2008-06-27 , consulté 39 foisCommentaires
biloute le 21/08/2008 à 12:21:57
coucou, ton histoire m'a fait pleuré, tu as bocoup de courage, certain auré pété un plomb ç sur!! je t'embrasse tendrement et te souhaites une belle vie.
a++
talou le 03/07/2008 à 23:35:47
re , comme tu le dis bien ,il ne faut pas se prendre la tête pour des broutilles.Profiter de l'instant présent, vivre au jour le jour sans se soucier de ce que sera demain ou presque, Croquer la vie à pleine dent
Je t'admire tu as subi tu subis encore tu as un sacré courage je crois que beaucoup beaucoup se plainge alors qu'il n'ont rien comparé à tout ce que tu as vécu et vis avec cette saloperie de syringo, je suis moi même syrongo mais avec chiari
bis a bientôt je repasserai te faire un ptit coucou
jilliane le 27/06/2008 à 11:21:30
coucou, quelle histoire!!! tu n'a pas assez souffert, il fo encore que tu subisses!!! ton courage est exemplaire, certains devré en prendre note. ne pas se prendre la tete, oui quand je lis ton histoire ç sur. je pense bien à toi. gros bisous
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